Le mythe de l’Atlantide (3ème partie)

L’Atlantide a suscité énormément d’engouement. Cependant, le mythe de l’Atlantide n’est pas le seul mythe de ce genre. Il en existe de nombreux autres, entre autre celui de l’Hyperborée, de la Lémurie ou encore du continent de Mu !

L’Hyperborée
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Carte de Gérard Mercator, 1595.

L’Hyperborée est, comme l’Atlantide, un pays mythique datant de l’Antiquité. Ce nom signifie, étymologiquement : « par-delà la Borée ». Borée étant un dieu de la mythologie grecque, incarnation du vent du Nord. L’Hyperborée serait donc situé tout au Nord de la Terre. Les Hyperboréens sont évoqués dans les textes antiques comme un peuple vivant aux confins des terres septentrionales. Par exemple, Diodore de Sicile, historien et chroniqueur du Ier siècle avant J-C, en parle, affirmant que le dieu Apollon passe ses hivers auprès des Hyperboréens, car en Hyperborée, le Soleil brille constamment. Dans les mythes gréco-romains, les héros Thésée et Persée ont rencontré les Hyperboréens. On trouve des références aux Hyperboréens dès le VIIIe siècle avant J-C, dans des textes d’Hésiode.

Le mythe de l’Hyperborée est repris par la Société théosophique, l’Hyperborée étant selon Helena Blavatsky le pays ayant accueilli la deuxième race-racines de l’humanité. On peut lire à ce sujet dans La Doctrine secrète :

« Le continent Hyperborée. Tel sera le nom choisi pour le second Continent, la terre qui étendait ses promontoires au sud et à l’ouest du Pôle Nord, pour recevoir la Seconde Race qui englobait tout ce qu’on appelle aujourd’hui l’Asie du Nord. C’est le nom que les plus anciens Grecs donnaient à cette région lointaine et mystérieuse, où, suivant leur tradition, Apollon l’Hyperboréen se rendait tous les ans. Astronomiquement, Apollon est, cela va sans dire, le Soleil qui, abandonnant ses sanctuaires Hellènes, se plaisait à visiter annuellement son lointain pays, où l’on dit que le soleil ne se couche jamais pendant la moitié de l’année. »

Annie Besant, l’une des successeurs d’Helena Blavatsky, parle également de l’Hyperborée, en ces termes :

« Pendant la durée de cette race [la deuxième] se forma le 2e continent, appelé le continent Hyperboréen ou Plaska ; il occupait le nord de l’Asie, joignant le Groenland au Kamtchatka, il était limité au sud par la mer qui roulait alors sous ses eaux les sables du désert de Gobi. Il comprenait le Spitzberg, une partie de la Suède, de la Norvège et des îles Britanniques. Climat tropical, une végétation luxuriante couvrait les plaines ensoleillées. »

La Lémurie

La légende de la Lémurie apparait à partir du XIXe siècle, quand des chercheurs scientifiques ont voulu expliquer la théorie de Darwin et comprendre comment des espèces animales semblables pouvaient se trouver dans des zones géographiques très éloignées. C’est ainsi qu’à vu le jour la théorie géographique des ponts continentaux : les morceaux de terre, aujourd’hui disparus, qui auraient relié entre eux différentes parties du globe. Ainsi, cette théorie permet d’expliquer comment on peut trouver des lémuriens, une espèce de petit primate, à Madagascar, mais également dans d’autres régions d’Afrique ou d’Inde. C’est en se basant sur cet exemple que fut créé le nom « Lémurie », inventé par le zoologiste Philip Lutley Sclater.

Si les scientifiques et géographes se penchent sur ce mythe de la Lémurie, le premier a en avoir parlé serait Jules Hermann, politicien et érudit réunionnais, qui aurait écrit sur ce mythe dans le cadre de la littérature d’expression française de l’Océan indien. Selon le Réunionnais, il y aurait eu un contient au sud de la planète, « en forme de croissant, qui s’étendait de l’Océan indien à la Patagonie, partant du sud de Ceylan, englobant les Mascareignes et Madagascar, passant au-delà le cap de Bonne-Espérance […] ». Pour lui, cette Lémurie serait le berceau oublié de l’humanité.

Pour Helena Blavatsky, la Lémurie, comme l’Atlantide, a vraiment existé et a même accueilli la troisième race-racines de l’humanité. C’est aussi sur ce contient que retournera la sixième race-racine. Cette race lémurienne, les Lémures, Helena Blavatsky en donne une description précise dans La Doctrine secrète : appelée « Taro », ces êtres vivants faisaient 15 pieds de haut (soit environs 4,5 mètres), ils étaient hermaphrodites, avaient la peau brune, un œil au milieu du front, un visage plat qui faisait qu’ils pouvaient voir obliquement, ils étaient télépathes et avaient une grande force psychique. A la destruction de leur continent, les Lémures trouvèrent refuge sur l’Atlantide, et devinrent la cinquième race : la race des Atlantes. William Scott-Elliot, lui, affirme avoir explorer la Lumérie mentalement, grâce à la « voyance astrale ».

Nombreux sont ceux qui, comme pour l’Atlantide, croit dur comme fer à l’existence de cet autre continent englouti, comme Samaël Aun Weor, un occultiste et ésotérique du XXe siècle, qui a beaucoup écrit sur la gnose et a notamment fondé le « Mouvement gnostique » contemporain. Voici un extrait d’une de ces conférences :

« La LÉMURIE était, à cette époque, un gigantesque continent qui occupait l’océan Pacifique, qui couvrait toute la zone de l’Australie, de l’Océanie, de l’océan indien — qui est si gigantesque — et s’étendait sur tout le Pacifique jusqu’à ces régions où, plus tard, a surgi l’Amérique du sud. Voyez comme la Lémurie était gigantesque, comme elle était énorme ! La physionomie du globe terrestre était donc complètement différente, 800 000 ans avant Jésus-Christ.

La Capitale de l’Atlantide était TOYAN, la ville aux sept portes d’or massif.

Les anthropologues matérialistes, qui ne voient pas plus loin que le bout de leur nez, demanderont sur quoi nous nous basons pour pouvoir parler de cette grande capitale. À ces messieurs qui ont tant travaillé pour enlever à l’humanité ses valeurs éternelles et la précipiter sur le chemin de l’Involution, je tiens à dire que nous disposons de données exactes pour pouvoir parler de la Lémurie, qu’il existe des cartes, conservées très secrètement dans certaines cryptes souterraines, qui indiquent où se trouvait Toyan, la capitale de l’Atlantide.

Par conséquent, lorsque nous en parlons, nous le faisons en pleine connaissance de cause. Nous citons la Lémurie et l’Atlantide, parce qu’elles ont été des continents qui ont eu une existence réelle. Nous savons bien que Darwin lui-même a accepté l’existence de la Lémurie. »

Donc tout comme l’Atlantide, la Lémurie a fini par sombrer dans l’océan. Si Helena Blavatsky dit que les Lémures sont allés en Atlantide, d’autres disent que les survivants se sont réfugiés sur le continent de Mu.

Le continent de Mu

 

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Carte de Mu, selon James Churchward, 1927.

Le mythe du contient perdu de Mu a été lancé au XIXe siècle, comme celui de la Lémurie, par un certain Augustus Le Plongeon, un archéologue amateur français, qui a notamment étudié les vestiges des civilisations précolombiennes, comme les Mayas. Selon lui, le codex Troano – qu’il a tenté de traduire lui-même –, ainsi que le codex trocortesianus, traduit par Brasseur de Bourbourg (un missionnaire français, considéré comme l’un des pionniers en archéologie des civilisations précolombiennes), parlent d’un continent, aujourd’hui disparu. La civilisation habitant ce continent perdu aurait été très avancées, très évoluée, dotée d’une technologie développée. Cette technologie, les habitants de Mu l’auraient diffusée dans le monde entier en colonisant des terres et auraient ainsi permit la construction des grandes pyramides, par exemple.

Pour James Churchward, dans son ouvrage Le Continent perdu de Mu, le continent de Mu se serait situé dans l’océan Pacifique, il se serait étendu de l’île d’Hawaï aux îles Fidji. L’île de Pâques et la Californie en seraient des vestiges. James Churchward s’appuie sur la découverte, en Inde et au Mexique, de tablettes sur lesquelles seraient utilisées une langue commune : la langue sacrée de Mu, la langue de Naacals, qu’un prêtre indien lui aurait appris à déchiffrer. Seuls trois Indiens dans le monde entier connaissaient encore cette langue. Ces tablettes, cependant, il est le seul à les avoir vues. C’est pour lui la preuve que le continent de Mu est la base de l’humanité, le lieu d’où viennent toutes les civilisations. Il affirme même qu’il s’agit du Jardin d’Eden originel. D’autres auteurs partagent son avis, comme Louis-Claude Vincent, mettant en avant les statues de l’île de Pâques : les habitants de cette île ne possédaient pas, selon lui, la technologie nécessaire à l’édification de tels monuments.

L’existence du continent de Mu, rejetée par les géologues et les archéologues, est cependant défendue par des groupes ésotériques et New Age.

 

Conclusion

Ainsi, la question du mythe de l’Atlantide – et des autres mythes similaires – est encore très d’actualité, toujours débattue par des scientifiques et des historiens, et soutenue et affirmée comme vraie par des groupes ésotériques ou religieux.

Pour conclure cette petite série d’articles sur l’Atlantide et les différentes interprétations de ce mythe, je ne pouvais pas ne pas parler de J.R.R. Tolkien, qui reprend lui-même à son compte ce fameux mythe, pour l’intégrer dans sa mythologie imaginaire. En effet, dans Le Silmarillion, on retrouve le récit de l’île de Numénor. Une île pourvue de toutes les richesses, donnée en récompense aux Hommes pour les remercier de leur aide dans la guerre opposant les Elfes au premier Seigneur des Ténèbres. Autre récompense : une vie beaucoup plus longue que la moyenne. L’île de Numénor devient le siège d’une grande civilisation, très évoluée et très riche. Cependant, au fil des siècles, les Hommes se mettent à craindre la mort et à envier l’immortalité des Valar – malgré leur très longue vie. Plein d’arrogance, ils décident de monter une expédition pour envahir le pays de Valinor. Ilúvatar, le Grand Créateur, est alors obligé d’intervenir. Il ouvre la mer en deux et la flotte Núménoréenne ainsi que l’île sombrèrent dans les abysses.

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Bibliographie / Webographie

– RICHARD Dominique, « Diodore de Sicile »,  dans Universalis éducation (en ligne) Encyclopaedia Universalis (consulté le 03/11/2016)

– DAVREU Robert, « Apollon, mythologie grecque », dans Universalis éducation, (en ligne), Encyclopaedia Universalis (consulté le 03/11/2016)

– DETIENNE Marcel, « Hésiode – VIIIe-VIIe siècle », dans Universalis éducation (en ligne), Encyclopaedia Universalis (consulté le 03/11/2016

– Article « Hyperboréens », Encyclopédie Wikipédia (consulté le 03/11/2016)

https://fr.wikipedia.org/wiki/Hyperboréens

– BEAUGRAND Agnès, «  Ponts continentaux, biogéographie », dans Universalis éducation (en ligne), Encyclopaedia Universalis (consulté le 03/11/2016)

http://www.universalis-edu.com/encyclopedie/ponts-continentaux-biogeographie/

– Article « Lémurie », Encyclopédie Wikipédia (consulté le 03/11/2016)

https://fr.wikipedia.org/wiki/Lémurie

– « Les mondes perdus : Lémurie et Mu », blog œil du sphinx, oeildusphinx.com (consulté le 03/11/2016)

http://www.oeildusphinx.com/lemuria.html

– « Lémurie, Atlantide et William Scott-Elliot », sur gnoticisme.com (consulté le 03/11/2016)

http://gnosticisme.com/lemurie-atlantide-scott-elliot/

– « La Lémurie de Jules Hermann », sur La Revue des Ressources en ligne, larevuedesressources.org (consulté le 03/11/2016)

http://www.larevuedesressources.org/la-lemurie-de-jules-hermann,1315.html

– Article « Mu (continent), Encyclopédie Wikipédia (consulté le 03/11/2016)

https://fr.wikipedia.org/wiki/Mu_(continent)

– « Article « James Churchward », Encyclopédie Wikipédia (consulté le 03/11/2016)

https://fr.wikipedia.org/wiki/James_Churchward

– Article « Augustus Le Plongeon », Encyclopédie Wikipédia

https://fr.wikipedia.org/wiki/Augustus_Le_Plongeon

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Une réflexion sur “Le mythe de l’Atlantide (3ème partie)

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